Le goûter du lion – Ito OGAWA

Ito Ogawa est une auteure que j’apprécie particulièrement pour la douceur de sa plume. Ce roman faisant partie de la rentrée littéraire 2022 devait donc atterrir entre mes mains.

Editions Philippe PICQUIER – 25 août 2022 – 272 pages

Quatrième de couverture:
Ce qui fait de ce livre grave et pudique un roman solaire, c’est d’abord le lieu : l’île aux citrons dans la mer intérieure du Japon, qu’il faut gagner en bateau ; et encore, l’image magnifique de l’union de la mer, du ciel et de la lumière : la mer scintillante, illuminée par un incroyable sourire, surplombée par la Maison du Lion, ce lieu de paix où Shizuko a choisi de venir pour vivre pleinement ses derniers jours en attendant la mort.
Avec elle, nous ferons la connaissance des pensionnaires – ses camarades, ses alliés et pour tout dire, sa nouvelle famille – ainsi que de la chienne Rokka qui s’attache à elle pour son plus grand bonheur. En leur compagnie, il y aura aussi les goûters du dimanche où grandit peu à peu son amour de la vie quand on la savoure en même temps qu’un dessert d’enfance, une vie qui aurait le goût de la fleur de tofu, d’une tarte aux pommes ou des mochis-pivoines.
Avec la délicatesse d’écriture que nous lui connaissons dans ses précédents romans, Ogawa Ito entraîne peu à peu Shizuko sur un chemin de poésie dont la mélodie possède la voix grave et conciliante d’un violoncelle ; un chemin apaisé comme pour dire la gratitude d’exister.

Shizuko est atteinte, à 33 ans, d’un cancer incurable et décide de vivre les derniers jours de sa vie, sur l’Ile aux citrons, dans la Maison du Lion. Dans cet établissement pour les personnes en fin de vie, on se fait chouchouter, accompagner, dans le plus grand respect et la plus grande délicatesse.

Chaque dimanche, les pensionnaires se retrouvent pour un goûter un peu spécial. En effet, il leur est demandé d’écrire sur une feuille de papier, le goûter qui a marqué leur vie. Et chaque semaine, l’un de ces billets est tiré au sort et le goûter est alors reproduit et proposé à chacun. C’est un moment de grande liesse car il offre un moment de nostalgie bouleversant, replongeant souvent les pensionnaires en enfance.
La nourriture prend une grande place dans la littérature asiatique et ce roman n’ y déroge pas.

Malgré le sujet choisi, grave, Ito Ogawa s’arme de poésie et de délicatesse pour évoquer les derniers questionnements de cette jeune femme que la mort va bientôt emporter. Au gré des rencontres, elle va savourer ces petits plaisirs oubliés de la vie, ressentir ses petites sensations qui réchauffent l’âme comme l’air de la mer, la compagnie d’une petite chienne venue s’immiscer dans sa vie, apprendre des autres, rembobiner le fil de sa vie mais aussi conscientiser sa mort.

Si la Papeterie Tsubaki m’avait quelque peu déçu, ce roman est une merveille d’écriture. La traduction est incroyable: les mots sont extrêmement bien choisis, les phrases superbement articulées ( on la doit à @deborah_pierret_watanabe, quel travail remarquable!)

Cette lecture malgré son sujet, est lumineuse ☀️ et la poésie d’Ito Ogawa à son paroxysme.
C’est clairement mon auteur japonais favori et je ne peux que vous la recommander si vous ne l’avez encore jamais lu!

3 commentaires sur “Le goûter du lion – Ito OGAWA

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