Vivre avec nos morts – Delphine HORVILLEUR

Ce titre m’interpellait beaucoup en magasin alors je me suis laissée tenter lors d’une virée en librairie pendant mes vacances. J’avais très envie de lire sur le judaïsme car je ne connais que peu de choses. Cet essai tombait vraiment bien!

Editions GRASSET – 220 pages – 3 mars 2021

Quatrième de couverture:
« Tant de fois je me suis tenue avec des mourants et avec leurs familles. Tant de fois j’ai pris la parole à des enterrements, puis entendu les hommages de fils et de filles endeuillés, de parents dévastés, de conjoints détruits, d’amis anéantis… »
Être rabbin, c’est vivre avec la mort : celle des autres, celle des vôtres. Mais c’est surtout transmuer cette mort en leçon de vie pour ceux qui restent : « Savoir raconter ce qui fut mille fois dit, mais donner à celui qui entend l’histoire pour la première fois des clefs inédites pour appréhender la sienne. Telle est ma fonction. Je me tiens aux côtés d’hommes et de femmes qui, aux moments charnières de leurs vies, ont besoin de récits. »

À travers onze chapitres, Delphine Horvilleur superpose trois dimensions, comme trois fils étroitement tressés : le récit, la réflexion et la confession. Le récit d’ une vie interrompue (célèbre ou anonyme), la manière de donner sens à cette mort à travers telle ou telle exégèse des textes sacrés, et l’évocation d’une blessure intime ou la remémoration d’un épisode autobiographique dont elle a réveillé le souvenir enseveli. Nous vivons tous avec des fantômes : « Ceux de nos histoires personnelles, familiales ou collectives, ceux des nations qui nous ont vu naître, des cultures qui nous abritent, des histoires qu’on nous a racontées ou tues, et parfois des langues que nous parlons. » Les récits sacrés ouvrent un passage entre les vivants et les morts. « Le rôle d’un conteur est de se tenir à la porte pour s’assurer qu’elle reste ouverte » et de permettre à chacun de faire la paix avec ses fantômes…

Delphine HORVILLEUR est la seule femme rabbin de France. Empreinte d’une grande sagesse et de beaucoup de sensibilité, sa plume est agréable à lire.

Elle évoque ici son métier et ses traditions et c’est avec beaucoup de curiosité que j’ai découvert les rites liés au judaïsme mais surtout sa fonction d’accompagnante auprès des familles. Il est tellement indispensable d’être bien entourée lorsque nous vivons le décès d’un proche et il est rassurant de savoir que des personnes dont c’est le métier, ont cette sensibilité, ce recul et cette humanité chevillée au corps pendant ces instants douloureux. J’ai ressenti beaucoup de réconfort!

Nous retrouvons dans cet essai quelques personnes connues, Simone Veil, Elsa Cayat ou encore Marceline Loridan, que Delphine a accompagné.

Lumineux malgré son sujet, humain mais aussi pédagogique, ce livre nous pousse aussi à réfléchir sur la mort et nous donne des clés pour l’apprivoiser si cela n’est pas le cas. C’est donc une lecture très inspirante et universelle, que je ne peux que vous recommander.

5 commentaires sur “Vivre avec nos morts – Delphine HORVILLEUR

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