Tout s’est bien passé – Emmanuelle BERNHEIM

Ayant aperçue la bande-annonce du film ( sortie : juillet 2021) tiré de ce roman, j’ai eu envie de découvrir cette histoire. C’est d’ailleurs souvent le livre, que je préfère découvrir en premier et par la suite, le film.

Voici donc mon avis sur  » Tout s’est bien passé ».

Editions FOLIO – 215 pages – Sortie en 2014

Quatrième de couverture:

« Papa m’a demandé de l’aider à en finir. »

Je me répète cette phrase, elle sonne bizarrement. Qu’est-ce qui ne colle pas ? « Papa » et « en finir » ? Fin 2008, à l’âge de 88 ans, le père d’Emmanuèle Bernheim est hospitalisé après un accident vasculaire cérébral. Quand il se réveille, diminué et dépendant, cet homme curieux de tout, aimant passionnément la vie, demande à sa fille de l’aider à mourir.

Comment accepter ? Et puis,  » aider à mourir « , qu’est-ce que ça veut dire ?

Avec Tout s’est bien passé, Emmanuèle Bernheim livre le récit haletant et bouleversant de cette impensable aventure, de cette course d’obstacles dramatique et parfois cocasse. Dix ans après son dernier roman, Emmanuèle Bernheim revient avec ce récit écrit pour la première fois à la première personne du singulier.

Emmanuelle se retrouve devant un père ayant perdu la volonté de vivre. Celui-ci, fortement diminué par la maladie, lui demande de l’aider à en finir. Désarmée, elle va entamer un long parcours pour construire ce projet, gardant jusqu’au bout l’espoir que son père changera d’avis.

Mettant de côté sa vie personnelle ainsi que ses émotions, Emmanuelle est une femme courageuse, forte et aimant ce père, malgré la pudeur de celui-ci et sa difficulté à exprimer ses émotions.

Je dois avouer que cet homme m’a laissé de marbre : j’aurai aimé entrevoir ses émotions hors il est tellement obnubilé par son projet que cela gâche sa personnalité, qu’on nous décrit joviale et dynamique. L’on devine sans difficulté une force de caractère car jamais il ne semble flancher. J’ai été jusqu’à la fin, évidemment, espérant entrevoir l’amour d’un papa, la démonstration d’une quelconque reconnaissance et pour connaître le dénouement.

Ce père m’a attristé, j’aurai aimé prendre Emmanuelle et sa soeur Pascale dans mes bras et les remercier de ne pas avoir été fermé à l’euthanasie, sujet qui peut être si difficile à entrevoir pour les familles des proches.

Cette lecture nous pousse à l’introspection: que ferions-nous si un membre de notre famille proche nous suppliait de l’aider? Malgré l’amour incommensurable que l’on ressentirait, serions-nous capable de l’aider à partir, d’accepter l’idée qu’il s’en aille, avec notre aide?

Il s’agit du second ouvrage que je lis sur ce thème ( j’avais lu il y a quelques années  » Quand la nuit devient jour  » de Sophie JOMAIN, que je vous recommande chaudement) et je pense que c’est un sujet qui mérite d’être largement évoqué en littérature, pour ouvrir le dialogue sur la question.

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