Le bal des folles- Victoria MAS

J’avais beaucoup entendu dans ce roman : tantôt on m’en disait du bien, tantôt on me le décriait, alors pour me faire ma propre opinion, j’ai fini par céder et il a fait parti de mes lectures de vacances.

Editions Le Livre de poche – 31 mars 2021 – 235 pages

Quatrième de couverture:

Chaque année, à la mi-carême, se tient un très étrange Bal des Folles. Le temps d’une soirée, le Tout-Paris s’encanaille sur des airs de valse et de polka en compagnie de femmes déguisées en colombines, gitanes, zouaves et autres mousquetaires.

Réparti sur deux salles – d’un côté les idiotes et les épileptiques ; de l’autre les hystériques, les folles et les maniaques – ce bal est en réalité l’une des dernières expérimentations de Charcot, désireux de faire des malades de la Salpêtrière des femmes comme les autres. Parmi elles, Eugénie, Louise et Geneviève, dont Victoria Mas retrace le parcours heurté, dans ce premier roman qui met à nu la condition féminine au XIXe siècle.

Nous sommes au XIXème siècle, à Paris. Charcot, spécialiste des maladies neurologiques et précurseur de son temps, gère la Salpêtrière. Cette institution accueille de nombreuses jeunes femmes, diagnostiquées folles ou dérangées, par les hommes. La femme au XIXème siècle avait intérêt à rentrer dans les cases imposées, sinon elle était aussitôt expédiée à la Salpêtrière, souvent à la demande de son propre père, mari ou frère, afin d’éviter toute situation gênante en société.

C’est ici le cas d’Eugénie, qui a le malheur de révéler à sa grand-mère, son don de médiumnité. Elle sera envoyée de force par son père et son frère à la Salpêtrière. Elle y rencontrera entre autres Louise, traumatisée par un souvenir d’enfance et surtout Geneviève, intendante de l’institut, qui est pour moi le personnage central de cette histoire, puisque c’est par elle que les premiers doutes sur l’état réel des patientes sont distillés.

Dans ce roman, ce bal, ne consistant finalement qu’à donner en spectacle les patientes une fois par an, selon une ancienne coutume, ne prend que peu de pages , sur l’ensemble de l’intrigue, qui se concentre davantage sur la solidarité des femmes entre elles et le manque de sensibilité et d’écoute de l’équipe médicale.

Ce roman, qui est le premier de l’autrice, dresse donc un portrait sensible et très réaliste de l’environnement médical au XIXème siècle. Certains passages sont révoltants et glace d’effroi. Les notions d’enfermement, le manque d’empathie auquel font face les patientes, leur désespoir, leur impuissance à prouver leur condition réelle, ne peuvent que provoquer un sentiment d’indignation et d’horreur tant ils sont formidablement bien décrits par l’écriture fluide de Victoria MAS.

Il me manque quelque chose pour le coup de coeur, certainement quelques pages en plus, surtout après le dénouement délivré par Victoria MAS. Mais à mon tour, je ne peux que vous recommander cette lecture.

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